Cliquez sur le titre qui vous interesse.
Cliquez sur "Haut de page" pour revenir au menu.

1 DIACRE EN VUE DU SACERDOCE : MA VIE ET MA JOIE

2 - IL NOUS ATTEND NUIT ET JOUR

3 - JE ME PRÉPARE À ÊTRE PRÊTRE

4 - LANDAIS ET JÉSUITE

5 - COMMENT DIRE MA JOIE DE PRÊTRE

DIACRE EN VUE DU SACERDOCE : MA VIE ET MA JOIE

Je m'appelle Nicolas Bagieu et je suis originaire de Saint-Laurent-de-Gosse, village situé à l'extrême sud de notre départe­ment, sur les rives de l'Adour. Né dans une ­famille catholique, j'ai ressenti très jeune l'appel du Seigneur à Le ­suivre comme prêtre diocésain. À onze ans, j'entrai au Foyer-Séminaire de Mont de Marsan et à dix-huit ans, juste après le bac, j'en­ta­mai ma formation au séminaire de Bayonne puis de Toulouse. J'ai été ordonné diacre à Buglose le dix-neuf septembre dernier et, "si Dieu le veut et si l'Église m'y appelle", je serai ordonné prêtre prochainement.
  

À quoi êtes-vous profondément attaché ?
Je dirais plutôt " à qui ". A Dieu notre Père et au Seigneur Jésus, le "Tout" dans le Saint-Esprit évidemment, sans oublier la Sainte Vierge ! Buglose est particulièrement cher à mon cœur. "Messire Dieu Premier servi " disait sainte Jeanne d'Arc et c'est d'autant plus vrai et nécessaire aujourd'hui !
Ensuite, si je dois dire à " quoi ", je vous répondrai dans l'ordre ou le désor­dre, à la Sainte Église, au Souverain Pontife, à mon évêque, à ma famille, à notre terre landaise du sud comme du nord, au foot et à d'autres choses que j'oublie sûrement...

 

Une parole que vous aimez ?
" Je suis venu jeter un feu sur la terre et comme je voudrais que déjà il fut allumé ! " (Lc 12, 49)

Vos désirs...
Faire la volonté de Dieu, le faire connaître et aimer du plus grand nombre ! Il me semble que ces premiers mots de l'Acte d'amour du saint curé d'Ars résument au mieux mon souhait : " Je vous aime, ô mon Dieu, et mon seul désir est de vous aimer jusqu'au dernier soupir de ma vie ".

Pour avoir le désir de devenir prêtre, " Pour vous qui suis-je " ?
Le Christ est Celui qui m'aime et que j'essaye d'aimer en retour. Celui pour qui toute vie et donc la mienne, vaut le coup d'être pleinement vécue. Je sais ne pas avoir grand mérite : je lui donne ma pauvre vie qu'Il m'a déjà donnée.
Il est Celui pour lequel, en devenant un de ses humbles serviteurs comme prêtre, je n'ai rien à perdre, mais ô combien, tout à gagner ! Il est ma vie et ma joie.
Haut de page

Nicolas Bagieu

"IL NOUS ATTEND NUIT ET JOUR"

C'est à Lourdes, au mois de mai 2002, que j'ai croisé pour la première fois le visage de saint Jean-Marie Vianney. A travers la vitrine d'une des librairies de la ville, j'ai été fasciné par ce visage lumineux qui illustrait un ouvrage s'appelant : " La vie du saint curé d'Ars ", de Monseigneur Trochu. Laissant passer l'été pour le lire, je l'ai dévoré en quelques jours... et bouts de nuit ! Beaucoup de choses m'ont marqué lors de cette première lecture. Et son visage de sainteté continue de me parler comme baptisé et comme baptisé qui se prépare à servir le Christ comme prêtre.
A son contact, nous découvrons une étonnante familiarité avec Dieu, source de sa joie profonde, de son rayonnement. Ce qui me frappe, c'est qu'il semble vivre en permanence avec la conscience de la présence vivifiante du Seigneur. De fait, on ne peut pas décrire l'une de ses journées sans que quelque chose de sa vie de prière ne soit visible. Je crois que c'est justement ce qui a touché les milliers de personnes qui l'ont rencontré. Lui-même a déclaré qu'il suffisait de " laisser déborder son coeur ". Ce qui débordait de son coeur indiquait au bout du compte son émerveillement eucharistique : " Il est là dans le sacrement de son amour ! Il est là, Celui qui nous aime tant, il nous attend nuit et jour, il est là, il est là ! " Comment ne pas se laisser interpeller par cet aspect si central pour la foi chrétienne ? Le pape Jean-Paul II, dans sa dernière lettre encyclique sur l'Eucharistie, nous avait invités à " nous mettre à l'école des saints ". Et se mettre à l'école de Jean-Marie Vianney, c'est être entraîné dans le sillage du Christ, assuré que notre espérance ne sera pas déçue !
Le saint curé d'Ars a aimé Dieu tout au long de sa vie avec passion. Aussi, je crois qu'il est l'un de ces grands saints qui nous rappelle simplement que nous sommes tous appelés à enir trouver dans le Seigneur la source profonde de notre confiance : dans l'homme malgré ses limites, dans la vie malgré ses épreuves -et notre ami en a eu de nombreuses à traverser - et dans l'Église où Jésus nous donne de le rencontrer de manière tout à fait singulière, malgré les limites de notre humanité. Pour terminer ce petit partage concernant un grand ami de la communion des saints, je me confie à votre prière pour la poursuite de mon chemin de formation au séminaire et vous assure de ma prière auprès du saint curé d'Ars, lors du prochain pèlerinage communautaire que nous allons vivre là-bas, dans le cadre de l'Année sacerdotale, avec la quarantaine de séminaristes du Sud-Ouest.

Michaël, séminariste
Haut de page

2 - JE ME PRÉPARE À ÊTRE PRÊTRE
Le 1er octobre 2000, fête de sainte Thérèse de Lisieux, j'ai été ordonné diacre dans l'église de la Madeleine en vue de l'ordination presbytérale. Ce n'est pas un choix facile. C'est pour cela que j'ai mis de nombreuses années avant de prendre la décision d'entrer au séminaire.
Le premier appel date de ma plus jeune enfance. Après l'avoir rejeté, pour des raisons surtout intellectuelles (en serais-je capable ? ), j'ai appris le métier d'électricien que j'ai exercé pendant dix années. Dire non au Seigneur ne veut pas dire que lui, Dieu, renonce au projet qu'il a pour nous. Ainsi durant mon activité professionnelle, il est revenu me solliciter. Je l'ai vraiment perçu lors des JMJ en Pologne, par l'intermédiaire d'une personne qui, sans le savoir, m'a déstabilisé sur ce qui était pour moi mes valeurs. J'ai compris que le catéchisme de mon enfance ne répondait plus à l'adulte que j'étais devenu. En replongeant avec d'autres jeunes de mon âge aux sources de la foi, j'y ai découvert un Dieu passionnant. C'est là qu'il m'attendait, avec un doux sourire qui semblait me dire : " Si tu veux, mon projet tient toujours pour toi ". Encore un dernier temps de réflexion et, après l'appel de Monseigneur Sarrabère, je suis entré au séminaire de Bayonne. Mes cinq années d'études n'ont pas toujours été faciles. Cependant, elles ont été un temps d'une richesse exceptionnelle pour l'approfondissement de ma foi et la découverte d'un Dieu fou, fou d'amour pour sa créature qu'est l'homme. À ce jour, je n'ai aucun regret d'avoir réorienté ma vie pour la consacrer à Dieu dans le service de mes frères (d'autant que ma caisse à outils se promène toujours avec moi). Une question reste en moi : " Serai-je à la hauteur ? " Je crois avoir trouvé un début de réponse dans une des épîtres de Saint Paul qui dit :
" S'il faut s'enorgueillir, je mettrai mon orgueil dans ma faiblesse. " (2 Co 11, 30). (Louis)
Haut de page

3 - LANDAIS ET JÉSUITE
Je suis landais
Avant toute autre chose, je voudrais dire que je suis un Landais. J'entends même le rester le plus longtemps possible.
Bien que né à Puyôo, j'ai grandi à Habas. C'est à Habas que j'ai appris à lire, écrire, à me chamailler avec mon frère et... à servir la messe.
Avec Joseph, mon jumeau, nous sommes entrés au petit séminaire d'Aire-sur-l'Adour à l'époque difficile de la Deuxième Guerre mondiale. Aux vacances, nous devions traverser, à l'aller comme au retour, la fameuse ligne de démarcation qui se trouvait près de Mont-de-Marsan.
Du petit séminaire, tout naturellement, nous sommes entrés au Grand Séminaire de Dax. C'était à Lahitte, qui n'avait pas encore été vendu à l'armée. Nous avons été les deux derniers prêtres ordonnés dans cette chapelle par Monseigneur Matthieu.

Pourquoi Jésuite ? Pourquoi suis-je, ensuite, devenu Jésuite ?
Il y eut une cause immédiate. Il y eut aussi des raisons profondes.
La cause immédiate est liée au fait que nous étions des jumeaux. Au lendemain de mon ordination au sous-diaconat, je fus pris d'un grand malaise intérieur. Le sous-diaconat, à l'époque, était ce qu'est aujourd'hui le diaconat, l'engagement définitif. Le lendemain matin je fus pris d'une angoisse. …Était-ce vraiment librement que je m'étais engagé, ou bien l'avais-je fait pour faire comme mon frère ?
Pour trancher ce débat intérieur, je fis une retraite. Je décidai alors de m'engager sur une voie dans laquelle je serais sûr de ne pas simplement imiter mon frère. Je choisis la vie religieuse. Comme ma retraite se passait chez les Jésuites, je ne cherchai pas midi à quatorze heures et je demandai à entrer dans la Compagnie de Jésus... que je ne connaissais pas. Un an plus tard, j'entrai au noviciat à Aix-en-Provence.

Deux raisons plus profondes
C'est à partir de là que je découvris des raisons plus profondes de maintenir mon choix et de le sceller par les vœux quelques années après.
La première raison qui consolida mon choix fut de découvrir que, malgré les souffrances que cela entraîne, le fait de quitter pays et famille pour aller vers une destination inconnue me laissait dans une grande paix intérieure. Or, et toute vie religieuse demande cela, c'était faire comme Abraham à qui il fut effectivement demandé de quitter la maison de son père et d'aller vers un pays que Dieu lui indiquerait. Je confiais tout mon avenir à l'obéissance dans l'Ordre où je venais d'entrer.
La deuxième raison fut de découvrir un Ordre religieux ouvert sur le monde entier et sur toute l'humanité, riches et pauvres, chrétiens et non chrétiens. Bien sûr, l'action de chacun reste modeste, mais l'ensemble est vraiment présent dans les lieux essentiels du champ du Seigneur. J'ai des amis de noviciat au Tchad, aux États-Unis, au Cameroun, dans les camps de réfugiés au Rwanda, au Cambodge, un autre à Tokyo et, bien sûr, en France.

Dans le champ du Seigneur
Pour ma part, une maladie de jeunesse m'empêcha de partir pour Madagascar. Je restai donc en France. Je fus d'abord aumônier des étudiants en médecine, d'abord à Poitiers, puis à Toulouse. On me confia, dix ans plus tard, la charge de directeur d'un collège, la Croix-Blanche à Mont-de-Marsan. J'ai travaillé ensuite dans une maison où l'on donne des retraites spirituelles. Puis je reçus des responsabilités dans l'Ordre. Maintenant je dirige la maison d'édition de l'Apostolat de la Prière dont je suis le Secrétaire national. Nous publions, entre autres, la revue mensuelle "Christ, Source de vie". On peut même me voir parfois, le dimanche matin, sur France 2, où j'assure depuis dix ans quelques prédications au "Jour du Seigneur". Grande variété dans le travail, mais un même objectif: aider les hommes de ce temps à ne pas perdre la boussole, la vraie, celle qu'aimante notre Dieu. Lorsqu'ils l'ont retrouvée, les aider à s'en servir vraiment pour piloter leur vie.

Après quelque quarante ans de service, j'ai bien l'impression de n'avoir pas fait grand-chose. Mais je sais que Vincent de Paul avait la même impression dans ses vieux jours. Non pas que j'aie travaillé comme lui, hélas ! Mais simplement pour penser que le problème n'est pas là. La vraie joie est plutôt de savoir que, malgré nos infidélités à Dieu et à nos promesses, Dieu, lui, a été et sera pleinement fidèle à sa promesse qui est de nous sauver tous. (Père Louis Sintas, s.j.)
Haut de page


4 Comment dire ma joie de prêtre ?…
Des changements profonds
Dieu continue d'appeler au ministère sacerdotal et à la vie consacrée, pour le service de l'évangile. Chacun reçoit un appel personnel, particulier. Les itinéraires sont donc très variés. Voici quelques moments du mien.
Dieu se sert souvent d'intermédiaires, d'un témoin. Je suis né dans une famille chrétienne, mais jamais mes parents ne m'ont parlé de vocation. En revanche, mon curé, qui m'avait baptisé, nous en parlait souvent au catéchisme ; je n'y attachais pas d'importance. Une veille de Pentecôte, je suis allé me confesser (pour pouvoir aller communier le lendemain.) À 12 ans, j'avais fait ma communion solennelle et quitté le catéchisme ! Au cours de la confession, le prêtre me posa cette question : "Ne voudrais-tu pas entrer au séminaire ? Un autre garçon va y entrer : tu ne voudrais pas aller avec lui ?" Et sans réfléchir plus longtemps, j'ai répondu : "Oui, je veux bien." Ce fut aussi simple que cela. Jugez de l'étonnement de mes parents lorsque M. le curé s'exclama: "Alors, Joseph va entrer au séminaire au mois d'octobre prochain ? …"
J'ai toujours gardé une prière d'action de grâces pour cet humble prêtre dont Dieu s'est servi pour m'appeler. Je suis convaincu, je le répète, que Dieu a besoin des hommes pour transmettre l'appel.
Il y a aussi des gens qui détournent de Dieu, qui cherchent à mettre des obstacles à tout ce qui est religieux. Trois ans plus tard, j'étais allé faire une commission pour mes parents. Après avoir rempli les formalités pour lesquelles j'étais venu, mon interlocuteur me dit avec beaucoup de douceur : "Tu es au séminaire. Tu ne vas tout de même pas te faire curé, toi, un garçon intelligent ?" Très surpris, intimidé, je ne sus répondre que "Non, monsieur - A la bonne heure!" conclut-il.
Je m'arrêtai au milieu de la place du village pour regretter ma lâcheté. C'est à ce moment précis que je date ma volonté de devenir prêtre, coûte que coûte. J'avais 15 ans….
J'ai été ordonné prêtre à Poyanne, le 29 juin 1942. Comment décrire la préparation de ce grand jour, l'émerveillement de la cérémonie, l'indignité dont on est conscient et que permet de vivre la prostration pendant le chant de la litanie des saints. Comment dire la joie d'être prêtre? Dans la nuit qui suivit mon ordination, je ne fermai pas l'œil ! Le souvenir de cette première messe reste gravé pour chacun des prêtres. Mais je pense retrouver cette émotion et cette joie chaque fois que je prononce les paroles de la consécration. Chaque fois que je redis: "Faites cela en mémoire de moi." C'est toujours nouveau comme dans la célébration de tous les sacrements. Ce n'est pas rien de dire à un fidèle : "Je te pardonne tes péchés au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit." Cela nous dépasse infiniment. Cela suscite toujours action de grâce et adoration devant la pauvreté du ministre que je suis. J'ai aussi aimé particulièrement la préparation des petits enfants à la première communion. J'en dirai autant des rencontres de la JAC, la JOC ou le MEJ… Dieu nous a créés pour être heureux. Et le prêtre est un homme heureux, malgré les difficultés, les épreuves, malgré ses défauts !…
Mon bonheur de prêtre vient de la parole de Jésus : "Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Gardez la simplicité de la colombe et la prudence du serpent…"
Ma joie, c'est aussi Marie qui me la communique. N'est-elle pas la mère du premier prêtre ?
C'est à elle que nous avons tous confié notre ministère.
"Nous avons recours à votre protection, sainte Mère de Dieu…"
(Père Joseph DUBRASQUET)
Haut de page